Le desert de l’Atacama

par | Avr 26, 2015 | voyages

Le desert de l’Atacama

Splendeurs et sérénité au nord du Chili

Texte: Natache Raihani et Tatiana Philiptchenko
Photos: Tatiana Philiptchenko / Megapress.ca

 

Vous rêvez de grands espaces désertiques. Bien plus loin que l’état de l’Arizona se trouve un autre joyau du continent américain. Sur plus de 4 300 km, une longue bande de terre dévoile ses paysages surprenants et extraordinaires.Parfois si extraordinaires qu’ils imposent le silence. Cap sur le Chili, plus précisément le désert de l’Atacama. Cette région, jouxtant les frontières bolivienne, péruvienne et argentine, est un endroit envoûtant qui ravira les voyageurs en quête de découvertes et de contrastes extrêmes.

La haute saison bat son plein au Chili. C’est l’été et le début des vacances pour des millions de Chiliens. Dans le village de San Pedro de Atacama l’effervescence est palpable malgré la chaleur. Les agences de voyages affichent les expéditions du jour ou du lendemain, alors que les serveurs des restaurants, bronzés, souriants, menus en main racolent les clients flânant dans la rue principale. Il n’y a pas d’heure pour apprécier l’excellent churrasco grillé du restaurant La Estaka ou de boire une cerveza fraîche sur une des terrasses ombragées.

Situé à 2 440 m d’altitude, le cœur du village de San Pedro de Atacama accueille les touristes à l’année longue. Hôtels, boutiques de souvenirs, restaurants, agences de voyage et cafés Internet se disputent les faveurs des visiteurs dans une ambiance bon enfant. Une faune bigarrée composée de voyageurs bon chic bon genre ou tendance, de jeunes des milieux alternatifs, de campeurs, de motards, de routards, de familles se côtoient et partagent leurs impressions et leurs récits d’aventures, tout en dégustant un pisco sour, le drink par excellence du Chili. C’est depuis San Pedro que partent la majeure partie des excursions, car le petit hameau aux maisons en adobe est la porte d’entrée d’un monde fantastique révélant volcans, geysers, dunes de sable, lagunes, oasis, salars, réserves de flamants roses, sites archéologiques et patelins perdus, à tous ceux qui désirent plonger dans cet univers magique.

Tout d’abord, le circuit des vallées de la Muerte et de la Luna est une excellente introduction aux merveilles dissimulées dans ce bout du monde. Proche du village, c’est un tour facile d’accès que l’on peut explorer en minibus et, pour les plus sportifs, à vélo ou encore à cheval. Le magnifique coucher de soleil et la vue sur les chaînes de montagnes avoisinantes sont le clou de cette expédition.

Le salar de l’Atacama est lui aussi un circuit facile. Cette immense dépression saline de 300 000 habitants abrite une réserve de flamants roses, ainsi que trois lagunes, dont la plus connue : la lagune Chaxa. Les visiteurs peuvent observer et admirer les oiseaux en se baladant sur des sentiers conçus à cette fin. Alors que cette étendue infinie et irrégulière prend des teintes violettes, roses, orange au coucher du soleil et que paisiblement les flamants roses plongent la tête dans l’eau à la recherche de nourriture, une odeur d’iode et de soufre flotte dans l’air calme. En fermant les yeux on pourrait se croire au bord de la mer, sans le ressac des vagues. Pourtant nous sommes bien dans un des endroits les plus arides du monde.

L’excursion aux geysers del Tatio est destinée aux lève-tôt et demande d’être en forme. Le départ a lieu généralement vers  4 h du matin. Le minibus vient chercher les courageux encore tout ensommeillés et se lance sur une route tortueuse et cahoteuse. Trois heures plus tard, à 4 300 m d’altitude, on distingue un paysage lunaire à travers une brume qui se disperse lentement. Il fait froid.

Des volutes de fumée s’envolent dans l’air, tandis que des gerbes d’eau soufrée sont propulsées hors du sol par des dizaines de geysers. Emmitouflés dans des vêtements chauds, les touristes se déplacent au ralenti car la respiration est plus difficile. Pour peu, ce décor pourrait ressembler à celui d’un film de science-fiction. Dans une atmosphère un peu étrange, la voix des guides résonne, rappelant aux curieux de faire attention où ils posent les pieds. Car attention, ces merveilles peuvent brûler ! Les vadrouilleurs terminent leurs découvertes soit par un bain de sources chaudes dans une piscine naturelle, soit autour d’une collation.

À plus de 4 000 m d’altitude et à environ 120 km de San Pedro de Atacama, les voyageurs découvrent une autre réserve, la « Reserva Nacional Los Flamencos ». Entourée des volcans Miscanti et Miñiques aux cimes saupoudrées de neige, de collines sablonneuses parsemées de touffes d’herbes d’un jaune doré, les lagunes turquoises Miscanti et Miñiques brillent. Même les touristes les plus blasés ne peuvent retenir des cris d’admiration. Ces espaces infinis, vertigineux et d’une exceptionnelle beauté sont une des expéditions favorites de bien des gens. Il est nécessaire de la réserver à l’avance car elle affiche souvent complet.

Ceux dont la fibre Indiana Jones en redemande pourront tenter une expédition en Bolivie pour clôturer leurs explorations. Depuis San Pedro de Atacama, il est possible d’effectuer une excursion d’une demi-journée pour admirer les lagunas Verde et Bianca. Nichées au pied du volcan Licancabur et bordées par de hauts sommets, l’une des lagunes garde sa couleur blanchâtre, translucide, alors que l’autre, transparente et limpide au départ, devient vert turquoise avec le souffle du vent. Un phénomène qui laisse sans voix et qu’on ne peut se lasser d’observer et de regarder. Une visite qui mérite un détour pour les tous les amoureux de paysages grandioses. De plus, au détour d’une colline, le touriste chanceux peut tomber nez à nez avec un troupeau de « vicuñas » – genre de gazelle – galopant gracieusement sur les vastes étendues désertiques.

Vers la fin du séjour, c’est avec un brin de regret que l’on quitte le village. Le globe-trotter finit non seulement par s’attacher aux paysages extraordinaires, mais aussi à la gentillesse et à la chaleur des Chiliens. Même les meutes de chiens déambulant dans les ruelles laissent un souvenir un peu particulier; impassibles au remue- ménage, ils poursuivent flegmatiquement leur vie en parallèle de celle des vacanciers qui s’engouffrent dans les minibus pour entreprendre un périple qui les ramènera chez eux.

Quelques infos utiles

QUAND ? Toute l’année

POUR REJOINDRE LE CHILI: www.aircanada.com www.americanairlines.com

VOLS INTERNES POUR REJOINDRE LE DÉSERT DE L’ATACAMA:
Sky Airlines propose un vol Santiago-Calama www.skyairline.cl. À Calama, choix de louer une auto ou prendre un minibus.

TRAJETS EN BUS POUR REJOINDRE SAN PEDRO DE ATACAMA:
Si vous disposez de plus de temps, vous pouvez prendre un bus Santiago –San Pedro de Atacama. Compter 22h de route. Compagnie d’autobus: TUR-BUS: www.turbus.cl

LOGEMENTS A SAN PEDRO:
Thaka Thaka Hostel. Environ 50 $ pour un bungalow simple sans chichi. Hôtel Tulor (www.tulor.cl ) Le confort étudié au fond du désert. Et une piscine pour vous rafraîchir…

AGENCES DE VOYAGES POUR EXPLORER LES ENVIRONS DE SAN PEDRO:
Cactus Tour (www.cactustour.cl ): 163-A rue principale Caracoles Cosmo Andino: Sur la rue principale Caracoles Colque: Sur le rue principale Caracoles, pour aller en Bolivie.

OÙ MANGER ?
Todo Natural, 271, Caracoles: super repas végétariens El Adobe: Caracoles: excellents repas, ambiance sympa. La Estaka: Caracoles: Bons jus de fruits et repas sympas